Doha : la RDC partage son expérience vaccinale avec les pays du Sud global

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Doha : la RDC partage son expérience vaccinale avec les pays du Sud global

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Du 13 au 15 octobre 2026, le Coordonnateur du Conseil National de la Couverture Santé Universelle (CN-CSU), Son Excellence le Dr Mbongani Kabila Polydor, a représenté la République Démocratique du Congo à Doha (Qatar), lors de la réunion de la Doha Global South Health Policy Initiative. Il y a présenté l’expérience d’un pays qui a fait de la vaccination une priorité politique au plus haut niveau depuis 2019.
Lancée en 2024, l’Initiative de santé globale de Doha pour les pays du Sud réunit des hauts fonctionnaires et décideurs de la RDC, du Mozambique, du Nigéria, du Pakistan, de la Somalie, du Yémen et du Qatar, pays hôte. Elle associe également plusieurs partenaires techniques et financiers : le Middle East Council, co-organisateur, le Fonds qatari pour le développement, la Fondation Gates, Gavi l’Alliance du Vaccin, l’UNICEF, l’OMS et le groupe Al Jazeera. La RDC y est représentée depuis son lancement.
La vaccination, une priorité présidentielle
Le 13 octobre, la RDC figurait parmi les trois pays invités à présenter leurs efforts en matière de vaccination et d’intégration des services de santé.
Le Coordonnateur du CN-CSU a d’abord rappelé la situation de 2018. Seuls 47,6 % des enfants avaient reçu leur troisième dose de vaccin pentavalent (Penta3). Plus de 1,1 million d’enfants étaient « zéro dose », c’est-à-dire jamais vaccinés. Dans 25 provinces sur 26, moins de la moitié des enfants de 12 à 23 mois étaient complètement vaccinés. Le programme dépendait presque entièrement des partenaires extérieurs et, en 2017, le pays n’avait pas pu honorer ses engagements de cofinancement envers Gavi.
Le tournant intervient en juillet 2019. À l’initiative de Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, et dans le cadre de sa vision « Le peuple d’abord », se tient le premier Forum présidentiel sur la vaccination et l’éradication de la poliomyélite. Le Chef de l’État, les dirigeants nationaux et les 26 gouverneurs de province y signent la Déclaration de Kinshasa. Ils s’engagent à atteindre une couverture vaccinale de 80 %. Les provinces promettent de contribuer à hauteur de 1 $ US par enfant, et un suivi trimestriel est mis en place.
Des résultats tangibles
Trois autres forums ont suivi, en 2021, en 2023 et en mars 2025. Devant les participants, le Dr Mbongani Kabila a présenté des progrès nets :
• la couverture en Penta3 est passée de 47,6 % en 2018 à 67,6 % en 2020 ;
• le gouvernement central a mobilisé 82 millions $ US pour les vaccins entre 2019 et 2024, et les provinces plus de 2,5 millions $ US ;
• le financement total de la vaccination est passé de 97,78 millions $ US en 2016 à 287,78 millions $ US en 2024 ;
• les cas de poliovirus variants ont baissé de plus de 90 % entre 2022 et 2024 ;
• plusieurs provinces se distinguent, comme le Tanganyika (71 %), le Haut-Lomami (64 %) et le Lualaba (63 %).
Le quatrième Forum, en mars 2025, a réuni plus de 370 participants et élargi l’agenda à la nutrition et à l’élimination du cancer du col de l’utérus. Il a lancé Mashako 3.0, qui cible 15 provinces prioritaires et vise un gain de 17 points de couverture en 24 mois, ainsi que le Polio Legacy Challenge (2025-2026). La vaccination contre le VPH des filles de 9 à 14 ans était annoncée pour 2026.
Des leçons pour les pays du Sud global
Le Coordonnateur a souligné trois enseignements :
• un engagement politique soutenu au plus haut niveau, incarné par le Président de la République, peut transformer un programme de santé ;
• la vaccination peut servir de porte d’entrée vers des services de santé plus intégrés ;
• les consultations préscolaires et prénatales (CPS/CPN) permettent de mieux utiliser des ressources limitées.
Ces enseignements rejoignent les recommandations adoptées à Doha. Face à la baisse de l’aide extérieure à la santé, les pays sont invités à mobiliser davantage de ressources domestiques : taxes innovantes, assurance maladie obligatoire (à l’image du processus en cours en RDC), partenariats public-privé et responsabilité sociale des entreprises. Ils sont également appelés à prioriser leurs choix, y compris en différant l’introduction de nouveaux vaccins si nécessaire, à parler d’une même voix face aux bailleurs de fonds et à intégrer les interventions de santé dans les paquets de soins de la Couverture Santé Universelle.
Mieux communiquer pour gagner la confiance
Les 14 et 15 octobre, les participants ont suivi une formation sur la communication stratégique en santé, avec l’appui d’experts d’Al Jazeera, de Gavi, de l’UNICEF et de l’OMS. L’objectif : renforcer leur capacité à porter les politiques de santé publique auprès des décideurs, des médias et du grand public.
Le constat est clair. Les réseaux sociaux façonnent désormais l’opinion plus vite que les déclarations officielles, et l’information sanitaire est en concurrence avec les rumeurs et les influenceurs. Si les communicateurs en santé n’occupent pas cet espace, la désinformation le fera. Pour être entendus, ils doivent bâtir la confiance par la transparence, la cohérence, l’empathie et des actions concrètes.
Une session sur la communication de crise a rappelé quelques règles essentielles : communiquer en premier, rester précis sans spéculer, parler clairement sans jargon et s’appuyer sur une équipe dédiée, du porte-parole au chargé de la vérification des faits. La formation s’est conclue par une visite de l’Institut des médias d’Al Jazeera, où sont formés des professionnels des médias du monde entier.
Des perspectives de partenariat
En marge de la rencontre, le Dr Mbongani Kabila Polydor s’est entretenu avec Son Altesse Sheikha Haya Abdulrahman Al-Thani, Directrice adjointe du Fonds qatari pour le développement et Directrice du Fonds pour les partenariats stratégiques. Les échanges ont porté sur une demande d’appui conjointe du Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, du CN-CSU et de la Fondation Gates, en vue d’un projet pilote de prise en charge médicale des artisans miniers.
Cette participation s’inscrit pleinement dans l’objectif de Couverture Santé Universelle porté par le CN-CSU : mobiliser des ressources nationales, intégrer les services de santé et mieux communiquer, pour que chaque Congolais ait accès à des soins de qualité.

Date13-15 Octobre 2026

LieuDoha

PartenaireCN-CSU